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PROSPERO
Le secteur de l'art et de la culture n'a jamais été aussi foisonnant, dynamique et créateur d'emplois, en particulier grâce au soutien des Collectivités Locales. Pourtant, 2008 a été le temps de la première compression du budget par le nouveau gouvernement. Par la conviction, l'explication, la lutte, nous avons obtenu un desserrement économique et théorique. Toutefois, bien des financements ministériels des structures restent à la baisse et le secteur de l'action culturelle est lourdement pénalisé. Le Grenelle de la Culture a été refusé ; ont commencé alors les Entretiens de Valois. Une parole s'exprime maintenant, des propositions affluent mais la ligne Elysée – Matignon – Bercy semble gêner les conclusions de ces négociations par ses orientations. Le Premier Ministre François Fillon a déclaré : "il faut que nous résorbions notre déficit, que nous réduisions notre dette et le monde de la culture y participera comme tous les autres postes du budget de l'Etat". Les conditions d'existence de nos imaginaires seraient donc tributaires de l'équilibre comptable, et notre futur, aliéné par la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), qui risque d'illustrer l'équation de la stabilité déprimante 0 = 0. En effet, des notes internes de la RGPP préconisent d'augmenter la TVA sur les entrées au spectacle (+ 3,4 % de hausse) et diminuer les budgets (de 0 % à - 6 % voire à - 15 % en trois ans). 2009, Odyssée de l'espace comptable ? Il faut tout de même considérer deux arguments : Le traitement n'est pas le même pour tous. Le budget de la culture est minime (malgré des adjonctions techniques, même pas 1 % de celui du pays). En cinq ans, les pertes avoisinent dans certains secteurs les 10 %, ce qui n'est pas le cas pour les postes de plusieurs ministères qui, eux, ne diminuent pas, voire sont en hausse (Industrie, Enseignement Supérieur, Recherche…). Les capacités artistiques des structures sont érodées. Par non-réindexation récurrente, par l'accroissement multiple des charges, dont certaines imposées par l'Etat, par les gels successifs, une récession sans précédent va asphyxier notre milieu. L'art ne peut être traité comme un "autre poste" ministériel. L'art est utopique. Il résulte d'intuitions, de pensées, d'ambitions critiques, de créativité, de fulgurances. Il est facteur de progrès. Il est nécessaire, essentiel à l'individu comme à la société : ses valeurs, ses vertus, sa richesse ne sont pas quantifiables car elles sont sociales, humaines et sources d'élévation pour l'individu, de rayonnement pour le pays. Il faut favoriser l'art et la culture, au même titre que l'Education Nationale, la Recherche et la Santé. L'ignorer, c'est entraîner leur érosion, plus tard leur perte. Au moment où la diversité culturelle a été actée à l'UNESCO, entre autres par la France qui va prendre la Présidence de l'Union Européenne, il convient de soutenir une relance de l'art et de la culture. Des représentants du cinéma, des arts visuels, du spectacle vivant appellent à signer la pétition Sauvons la culture. Nous demandons instamment à toutes les équipes professionnelles, tous les spectateurs et tous les membres de la société civile de la signer et la faire signer massivement. www.sauvonslaculture.fr Le Théâtre National de Bretagne, Centre Européen de Production Théâtrale et Chorégraphique, a réussi trois saisons nomades grâce aux soutiens de ses partenaires, Ville de Rennes, Etat, Conseil Régional, Conseil Général, à ses hôtes, en particulier le Triangle/Plateau pour la Danse, l'Opéra et bien sûr le quartier de Maurepas, notre creuset. Que leurs représentants soient tous remerciés chaleureusement. Je tiens également à saluer tous nos abonnés, tous nos spectateurs qui se sont mobilisés et ont continué à nous suivre dans notre partage d'émotions, dans notre défense de valeurs, nos choix esthétiques, où que nous soyons allés. Nous devons procéder encore à quelques ajustements pour que le bâtiment rue Saint Hélier soit entièrement opérationnel. Mais nous avons retrouvé notre établissement central, dont la rénovation, conjuguée aux prestations offertes par la Salle Gabily, dote notre institution d'une infrastructure de haut niveau européen. Le Centre Européen de Production Théâtrale et Chorégraphique pourra ainsi, à la rentrée, tourner à plein régime. En particulier, il pourra reprendre ce qui constitue son fleuron, sa politique d'accompagnement artistique : pratique des chantiers ouverts (discussions, rencontres autour des projets, répétitions ouvertes aux artistes ou aux publics au cours de résidences de longue durée), créations sur le site rennais, longues séries de représentations, organisations de tournées en France et à l'étranger. Le Centre Européen de Production Théâtrale et Chorégraphique va se déployer avec la poursuite du travail initié sur les trois piliers et loa mise en place du projet Prospero : L'Atelier International d'Artistes- il accompagne trois créations d'artistes associés : -La Dame de chez Maxim de Feydeau, mise en scène par Jean-François Sivadier : la conjugaison de deux talents comiques pour faire exploser la convention. -Das System de Falk Richter, mise en scène par Stanislas Nordey. Plusieurs pièces politiques pour dénoncer les arrangements, les postures, les aliénations, éviter le pire. -une nouvelle création avec François Verret d'après Heiner Müller. Catherine Diverrès va travailler avec l'Espagne pour créer sa dernière pièce, La maison du sourd, lors de Mettre en Scène 2008. La section européenne accueille un des plus grands metteurs en scène, Guy Cassiers (Belgique), avec De Geruchten, mais aussi le talentueux chorégraphe Wayne Mc Gregor (Royaume-Uni) avec Entity et comme notre ouverture européenne se veut large, nous recevrons les célèbres hip-hoppeurs de Membros (Brésil) avec Febre. L'Unité de Ressources et de Production Le soutien à l'écriture actuelle se fait aussi par l'action du Comité de lecteurs qui désignera, après Fausto Paravidino (Italie) et Nicole Caligaris, deux auteurs qui recevront chacun une commande. L'aide aux compagnies indépendantes se développe sur fond de situation très préoccupante, elles subissent en général un triple impact (baisses du fonctionnement, des coproductions, de l'action culturelle) ; Créations : Leaves de Lucy Caldwell par le Théâtre des Lucioles (Mélanie Leray), Arrêtez le monde, je veux descendre par le Cabaret Théâtre Dromesko, La Vénus à la fourrure d'après Sacher-Masoch par le Fabrik Théâtre (Christine Letailleur), La petite pièce en haut de l'escalier de Carole Fréchette (Blandine Savetier), Edward the second de Christopher Marlowe, par Réseau Lilas (Cédric Gourmelon) Coproductions : Artemisia Vulgaris II de Marine Bachelot par Lumière d'Août, Idiot ! d'après Dostoïevski par Friche 22.66, mise en scène de Vincent Macaigne. Ecole Supérieure d'Art Dramatique La sixième promotion va entrer dans sa dernière année d'études, celle des travaux personnels, de la "mostration" de spectacles plus aboutis. Elle doit aussi participer aux échanges européens et à la formalisation du diplôme national de comédiens professionnels, délivré par le Ministère de la Culture. Les œuvres de grandes troupes sont accueillies : -Gershwin, création pour 14 danseurs de José Montalvo et Dominique Hervieu -Fragments de Beckett, mise en scène de Peter Brook avec d'ex-comédiens du fameux Théâtre de Complicité -Coriolan de Shakespeare, mise en scène de Christian Schiaretti pour 29 comédiens, -Casimir et Caroline d'Ödön von Horvath, mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota avec une vingtaine de comédiens. Le TNB, qui prépare toujours l'avenir, a pensé aux enfants (7 à 12 ans) et lance un nouvel abonnement "RECRE" (3 spectacles de théâtre jeune public). Avec l'aide du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine et de la Caisse des Dépôts et Consignations, nous allons proposer une grande tournée départementale. Mise en place du projet Prospero: 2008 est l'année du lancement de Prospero. C'est un accord de coopération culturelle européenne sur le thème "Une ville, un théâtre, une école" entre le Centro Cultural do Belém (Lisbonne – Portugal), Emilia Romagna Teatro (Modène – Italie), La Schaubühne (Berlin – Allemagne), le Théâtre National de Bretagne (Rennes – France), le Théâtre de la Place (Liège – Belgique) et Tutkivan Teatterityön Keskus – Tamperen Ylopisto (Tampere – Finlande). Le travail, ambitieux et audacieux, s'articulera pendant cinq ans autour de trois axes : -Le développement européen de la création -La mise en place d'une recherche théorique européenne -La formation européenne des jeunes comédiens. Le premier acte artistique majeur de Prospero sera la création à Rennes, après résidence, de John Gabriel Borkman d'Ibsen, mise en scène de Thomas Ostermeier, directeur de la Schaubühne, qui viendra avec son équipe. Le TNB se veut donc toujours un haut lieu de la création, ouvert aux artistes et aux publics pour transcender la réalité. François Le Pillouër
Email :
info@theatre-national-bretagne.fr
Théâtre National de Bretagne - Direction François Le Pillouër
1, rue St-Hélier - CS 54007 - 35040 Rennes cedex